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Les Chroniques d’Oakwood, Dans l’ombre de la demoiselle par Marianne Stern

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Editions du Chat noir

Collection Griffe sombre

197 pages

Paru en 2013

Quatrième de couv’ :

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.

Lorsque la nuit tombe, les ombres s’étirent et drapent le hameau d’un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d’épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l’obscurité ; mieux vaut ne pas s’attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d’une bâtisse.

Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises… Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d’une lanterne au detour d’une tombe, d’autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s’accordent à dire qu’il ne se trame rien d’anormal.

Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L’un en quête de l’être aimé, l’autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l’ombre, la demoiselle d’Oakwood veille…

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Le livre perdu des sortilèges, T3 : Le noeud de la sorcière par Déborah Harkness

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Editions Orbit

573 pages

Paru en 2014

Quatrième de couv’ :

Après un séjour en 1590, Diana Bishop et Matthew Clairmont reviennent dans le présent pour affronter d’anciens ennemis et de nouveaux dangers. Dans le domaine ancestral des Clairmont à Sept-Tours, la sorcière et le vampire vont retrouver presque tous les protagonistes du Livre perdu des sortilèges – à une exception près. Une terrible menace pèse sur leur avenir, et elle ne se dissipera que s’ils parviennent à récupérer les pages manquantes de l’Ashmole 782. Mais ils ne sont pas les seuls engagés dans cette quête et le temps presse, car la grossesse de Diana arrive à son terme. Des vieux châteaux en laboratoires universitaires, s’appuyant sur des savoirs séculaires aussi bien que sur les sciences modernes, depuis les collines de l’Auvergne jusqu’aux palais vénitiens, Diana et Matthew, décidés à protéger leur amour défendu coûte que coûte, finiront par découvrir le secret extraordinaire que les sorcières ont percé voilà des siècles et des siècles.

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Ana l’Etoilée, T1 : L’Ours et la Colombe par Ophélie Bruneau

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Editions du Chat Noir

Collection Féline

126 pages

Paru en février 2016

Quatrième de couv’ :

Ana Montañez au civil, Estrellada de mon nom de sorcière, je vis à Londres où j’exerce le beau métier de praticienne occulte.
Un contrat inattendu me tombe dessus alors que je voulais justement changer d’air : un dénommé Federico Ruiz, nouveau propriétaire d’une maison hantée à Madrid, fait appel à moi pour libérer le fantôme. Un client séduisant, le soleil de mon Espagne natale… Voilà la parenthèse dont j’avais besoin.
En théorie, je ne devrais pas court-circuiter ainsi les Sœurs de Diane, le cercle magique local ; encore moins sachant que ce sont elles, à l’origine, qui ont détecté mes pouvoirs. Pour un simple exorcisme, je peux me le permettre, je suppose. Qu’est-ce que je risque après tout ? Je connais mon métier. Mais les spectres madrilènes ont parfois la peau dure. Je crois que j’avais oublié à quel point.

Mon avis :

Difficile de chroniquer un roman aussi court sans trop en dire…en tout cas c’est le type de livre à privilégier quand on veut diminuer sa PAL rapidement, en quelques heures c’est terminé et même si c’est sympa, je n’en garderai pas un souvenir impérissable, j’ai d’ailleurs oublié le nom du gars, heureusement qu’il est écrit sur la quatrième ^^

Donc, on se retrouve avec une petite Ana, sorcière, qui pratique l’exorcisme. Sa mission : désenvoûter la maison de son nouveau client à Madrid, reçue en héritage. Les choses vont rapidement mal tourner en premier lieu, son commanditaire n’est pas ce qu’il prétend être et le fantôme est coriace, manquant de la tuer, à partir de là ça ira de mal en pis au point que le coven local aura vent de son trafic et Ana aura une bonne tape sur les doigts pour ne pas avoir demandé l’autorisation de travailler sur le territoire des sorcières madrilènes.

En bref, lecture rapide, bon style mais pas de réelle surprise, vu que c’est un tome 1 forcément c’est que la mission est une réussite ^^, sympathique histoire, je ne sais pas encore si je lirai la suite, à voir.

Ce livre compte pour le Challenge de la Littérature de l’imaginaire

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Bonne lecture !

Sorcières ! Le sombre grimoire du féminin par Julie Proust Tanguy

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Editions des Moutons électriques

Collection « La bibliothèques des miroirs »

248 pages

Paru en juin 2015

Quatrième de couv’ :

Autour du chaudron fumant, trois silhouettes s’activent : les sorcières font frémir à petit feu des mystères parsemés de poils de chat noir. Des cris d’horreur, des frissons enfantins et de sensuelles silhouettes féminines bouillonnent dans leur potion verdâtre. Leurs voix fredonnent des noms familiers : Baba Yaga, Morgane, Médée, Carrie, Esmé Ciredutemps…

Leur sabbat fait danser, depuis des siècles, une litanie de clichés : crapaud, balai, chapeau pointu… Mais qui sont ces envoûteuses dont les doigts crochus lacèrent la toile du temps ? Sont-elles les fiancées du Diable ou de simples révélatrices d’une sombre Histoire du féminin ?

Nécromanciennes redoutables, guérisseuses ignorées, doubles obscurs des fées, femmes fatales livrées au bûcher… Rejoignez-les dans ce grimoire moderne qui vous révèlera les lointaines origines et l’étrange destinée de vos sorcières bien-aimées !

Mon avis :

Cet ouvrage retrace l’Histoire de la misogynie à travers les siècles, car oui, qu’est-ce qu’une sorcière ?

Au départ, on parle de femmes savantes, herboristes, qui traitent les maux féminins, elles sont avant tout reconnues dans l’Antiquité comme étant des sages-femmes – gynécologues vs les hommes médecins, et se transmettent leur savoir de façon orale (l’écriture intervient beaucoup plus tard, manque d’éducation, argent, etc). Le problème prend naissance avec les « penseurs », il est gênant que des femmes puissent posséder un savoir supérieur, les potions à base de plantes (entre autre) finiront par leur porter préjudices et le Moyen-âge finira d’enfoncer le clou avec l’Eglise qui ne fut pas qu’amour pour son prochain pour le coup ^^.

Nous voici donc lancé sur la piste des sorcières les plus réputées de l’Histoire de leur naissance à nos jours, avec différentes parties : Antiquité, Moyen-âge, du XVIe au XVIIIe siècle, le XIXe siècle, du XXe au XXIe siècle. Chaque partie est agrémentée de nombreuses illustrations, citations et références littéraires, musicales séries TV / Anime / Cinéma, bref un ouvrage extrêmement riche avec beaucoup d’annotations permettant d’aller plus loin si l’envie nous en dit.

Dans l’Antiquité, les femmes se transmettaient donc leur savoir de manière orale sur les plantes pour soulager les femmes (enfantement, avortement, mycose etc), les maux féminins étant un monde inconnu des hommes dont il ne connaissait pas grand chose et était plutôt source de gêne mais la jalousie a fini par pointer son vilain nez, la femme doit restée à sa place d’inférieure : Circé, Hélène de Troie et Médée seront les figures emblématiques de cette féminité dangereuse et sournoise. Vous aimez Homère et Ovide ? Peut-être beaucoup moins après avoir lu quelques lignes…

« Si le magicien reste un personnage positif son double féminin devient menaçant avec un pouvoir qu’il faut étouffer ».

Le Moyen-âge et les femmes avec sa grande amie l’Eglise : La femme a été créée en second lieu à partir d’une côte d’Adam, être inférieur « elle se doit d’être soumise », étymologie fe-mina = moindre par la foi, un concile à Mâcon aura lieu en 581 pour savoir si les femmes font parties de l’humanité (tout un programme…). Ayant provoqué le péché originel, elle n’est pas digne de confiance et se retrouve reléguée au même rang que les bêtes. L’Eglise met l’accent sur l’impureté féminine et sa stupidité « l’âme d’une petite fille naît 40 jours plus tard qu’un garçon » « être chétif et défectueux », bavarde, perfide etc, merci Saint Thomas et Martin Luther.

Le grain de sucre sur la chouquette comme dirait Princesse Soso vient de Bernard de Clairvaux « femme = sachet pour retenir la semence parfaite de l’époux », on l’embrasserait presque.

La femme séduit donc est l’instrument du Diable pour pervertir l’âme masculine. Naît la Fée médiévale octroyant dons et malédictions, Morgane étant la plus connue. On retiendra également comme figure emblématique de cette époque Hildegarde de Bingen, religieuse très savante et herboriste. Jeanne d’Arc aurait-elle été brûlée si elle n’avait pas pris les armes comme un homme ? Bonne question.

1215, création de l’Inquisition et de ses interrogatoires musclés aux tortures plus créatives les unes que les autres, toutes les femmes passées entre les mains des bourreaux ont bien sûr avoué être en cheville avec le Diable, participé à des Sabah, la délations à cette époque fut une véritable épidémie mais l’époque où le bûcher a le plus flambé est…le XVIe, là j’ai appris un truc.

Au XVIe siècle donc, la sorcière est l’archétype de la rebelle qualifiée de « putain du Diable » ; un petit détour à Salem et son hystérie collective bien inspirante pour divers supports (musique, littérature, cinéma) :

Lords of Salem de Rob Zombie

L’ombre des contes : une femme bien = passive, dévouée, soumise vs la sorcière = femme déterminée, ambitieuse, active (met en oeuvre les moyens pour atteindre son but). Baba Yaga est la seule sorcière qui retire son épingle du jeu, bonne ou mauvaise selon le contexte.

XIXe siècle ou la libération : Les écrivains portent un regard critique sur le Moyen-Âge et déboulonne le mythe de la sorcière grâce à la perte des croyances, accusant la bêtise : femme trop belle se refusant à un homme qui pour se venger l’accuse de sorcellerie. Lilith fait son grand retour sous différentes formes, Faust et les oeuvres qu’il inspire. Même s’il y a toujours un relent misogyne, il n’y aura plus l’étiquette de sorcière accolé à la femme. Jules Michelet écrira « Sorcière » offrant une rédemption littéraire fracassante.

XXe et XXIe siècle : Avènement de la sorcière en bonne épouse (Ma sorcière bien-aimée), guide dans l’apprentissage (Mary Poppins) ou victime qui devient vengeresse (Carrie). Création de la Wicca, religion féministe mais qui inclut l’homme pour le libérer de « processus mentaux nocifs ». Plusieurs pages dédiées à l’oeuvre de Terry Pratchett et ses sorcières loufoques.

En bref, j’ai beaucoup apprécié ce livre me donnant pas mal de références littéraires comme cinématographiques sur les sorcières tout en me donnant un cours passionnant sur les exactions commises sur les femmes à travers les siècles (la galerie photo sur les instruments de torture fait froid dans le dos), rien que pour piocher des idées lectures ou autre forme culturelle, il vaut le détour.

Bonne lecture